Histoire

En 1992, le chasse marée, Ouest France et le marin lancent le concours « bateau des côtes de France », qui vise la reconstruction ou la restauration des principales unités traditionnelles liées à l’histoire locale ou régionale.
Camaret s’est inscrit à ce concours en projetant la construction d’une réplique du dundee langoustier ‘Belle Étoile » datant de 1938 dont l’épave était visible au fond du port Styvel.

Aux 17, 18 et 19ème siècles, la pêche à la sardine est relativement florissante à Camaret.
Transformé par le système de la presse, puis, après 1860, dans les « fritures », ce poisson est au centre de toute la vie économique de la presqu’ile à la belle saison.
Les pêches hivernales sont peu développées: un petit nombre de bateau pratique la pêche au casier dans l’Iroise.
Plusieurs mareyeurs, d’autre part, arment de gros caboteurs à viviers qui vont acheter de la langouste en Espagne.
La crise sardinière du début du siècle remet en cause ces équilibres, en obligeant les camaretois à se reconvertir. Camaret entre alors dans l’épopée de la pêche à la langouste et se taille en 20ans un immense champ d’action en Espagne, au Portugal, en Irlande et au Maroc.

Cette nouvelle orientation impose un nouveau type de bateau : le sloop ponté à vivier.
L’essor de la pêche s’accompagne en effet d’un développement remarquable des chantiers de construction locaux.
Les petits sloops s’avèrent bien vite inadaptés aux campagnes lointaines. Le type véritable du grand cotre ponté à voûte apparaît vers 1905-1906, tandis que les premiers dundee sont lancés durant les années 1910-1911.
Vers 1945, à l’apogée de la pêche langoustière, Camaret arme une flotte impressionnante de 150 sloops et dundee de 12 à 18 mètres de longueur.
En 1939, la flottille langoustière camaretoise compte encore près d’une soixantaine de voiliers purs en activité.

Le dundee langoustier de Camaret

Coque large, étrave haute et puissamment défendue, le dundee langoustier de Camaret est remarquable en mer comme au mouillage, de part sa tonture à double courbure souligné par le liston à la base du pavois qui contourne l’écubier en une courbe élégante caractéristique de la construction navale camaretoise.
L’originalité de ces carènes réside dans la grande différence entre le tirant d’eau arrière  et avant. Le brion, peu immergé s’oppose à un étambot profond dôté d’une quête considérable. La plus forte sans doute jamais adoptée sur des voiliers de travail. Grâce à son vivier, véritable lest liquide, le langoustier possède une stabilité esceptionnelle par tous temps. Toutes ces caractéristiques résultent d’une modificatiion progressive de la pêche langoustière.

Pendant 40 ans, les constructeurs camaretois ont adopté les dimensions et la puissance des coques à élargissement constant des zones de pêche prospectives. La navigation à la cape et le relevage des engins de pêche nécessitent des qualités évolutives très développés.

La Belle Etoile

La ‘Belle Etoile » armé pour la pêche à la langouste, mouillait ses casiers dans les eaux anglaises, puis au Portugal et enfin sur les côtes marocaines.
Construite par le chantier Gourmelon pour le compte d’Auguste Kergroach, elle fut rachetée par Pierre Gourmelon, puis par Roger Kergroach (fils du premier) qui la désarma en 1962.
Sa restauration étant impossible, la reconstruction d’une réplique s’est avérée nécessaire.
Ce programme ambitieux a été réalisé avec le concours du chantier Péron à Camaret.
Les maîtres charpentiers ont utilisé des demi-coques ou modèles pour en tirer les plan du navire avant de passer au tracé grandeur nature.
En 1989, une demi-coque, puis un plan et une maquette de charpente ont été réalisés d’après les relevés effectués sur l’épave.

Le littoral de la presqu’ile de Crozon

Située entre rade de Brest et la baie de Douarnenez, deux espaces maritimes de grandes renommée, la presqu’ile de Crozon affiche d’emblée une vocation multiple par la richesse et la qualité de ses milieux naturels, côtes sauvages, marais littoraux…
La presqu’ile est cette grande croix de l’ouest de la Bretagne.
Il en résulte différentes expositions aux vents, et au soleil et le « modèle de la côte bretonne », dira la géographe : la quasi totalité des faciès des côtes bretonnes y est représentée.
Rassemblant quelques 700 millions d’années de l’histoire des formations géologiques, cette partie du territoire du Parc d’Armorique abrite les nombreuses créations du monde minéral sur plus de 100 kilomètres de falaises abruptes.
Chargée d’histoire sur notre évolution, la presqu’ile offre aussi de nombreuses possibilités de loisirs, de la voie sportive à la découverte naturelles ou culturelle avec notamment l’architecture militaire. Littoral et intérieur sont ainsi liés sur cette terre, dont la vocation touristique n’a cessé de s’affirmer du début du siècle à nos jours.